Skip to main content

Full text of "Études d'entomologie : Faunes entomologiques ; descriptions d'insectes nouveaux ou peu connus"

See other formats


D 
( De 
/ <Q 0 {l 
L TN 
\ TR \ 5 
| eue h. - 
I pee” À 
\ s \ 
i 
| | 
# 
£ ,, 
: 4 
”| \ ps 
À \ 
N 
A 


COLLECTION 
OF 


WILLIAM SCHAUS 


(©) 
PRESENTED 
TOTHE 
NATIONAL MUSEUM 
MCMV 


À 
€ à: 
\. Î 
\ / > 
Ne / << > L 
x ea # 

t ut = 
RH à 3 

É> 

Ty ri 


CERN 


CRIE 
pe 


ri CE 
ee 


ot re éE 


L) 
Ne 
ü 
b 


re = 


Sr 


ONE" 


æ 


ÉTUDES D'ENTOMOLOGIE 


ÉTUDES 
D'ENTOMOLOGIE 


ST — 


FAUNES ENTOHOLOGIQUES 


DESCRIPTIONS D’INSECTES NOUVEAUX 
OU PEU CONNUS 


PAR CHARLES OBERTHUR 


TUIN [NOT 
AMONAN INSTIF 


PTS 
UN 
7) 


RENNES \ # ù-/ 
Le À AATIOHAL nus 1 


IMPRIMERIE OBERTHUR SÉN ETS ETES 


FRRŸYE ie 
L. RE 


Hi 


MO? Li (l 


1 


* FRE + FE” L L 

pee TI 
IA L'EU )A Ci an (l 8 dé 
PI y 


gÜATATEON Pr 


a 1 “4 
RUES A x AS LATE 
bave A LE ete 2 ” 


0 or 


| + ns D” n : 
PE NT 0 VE NH re 
où “Aire ) | [4 | 


III. — ÉTUDE 
FAUNE pes LÉPIDOPTERES 
De la côte orientale d’Afrique. 


———5ñ 28 a DE) — 


CRT ETT 
110 


Er 
ne. 


Les 
CS 
Ve L. #4 


re 4" T 


L° 
2 4 fe Éd 
diatit FA 

L # 0 


PRÉFACE 


M. Achille Raffray, d'Angers, a effectué pendant les 
années 1873 et 1874 un voyage sur la côte orientale 
d'Afrique. 

Il parcourut d'abord l’Abyssinie, puis il explora les 
environs de Zanzibar et de Bagamoyo. 

M. Raffray avait pour but d'étudier l’histoire naturelle 
de l'Afrique orientale. Il a récolté des animaux de tous 
les ordres : mammifères, oiseaux, reptiles et insectes. 

Dans cette dernière classe, il a surtout recherché les 
Coléoptères et a consacré moins de temps aux Lépidop- 
tères. 

Cependant, il a capturé un certain nombre d'espèces 
rares et quelques-unes nouvelles. 

Pour répondre à la promesse que j'avais faite à 
M. Rañffray, je publie le Catalogue raisonné de ses 
récoltes lépidoptérologiques. 

J'ai joint à ce travail la liste de quelques espèces que 
les Missionnaires du Saint-Esprit, dont une maison est 
établie à Bagamoyo, en face l'île de Zanzibar, ont 
recueillies dans les environs de cette localité où avait 


aussi résidé M. Raffray. 


>< PRÉFACE 


Il m'a semblé qu'il y avait intérêt, maintenant que 
l'attention des géographes et des naturalistes est à un si 
haut degré portée sur l'Afrique, à publier tous les docu- 
ments capables de renseigner sur la faune de cette partie 


du monde. 


Rennes, mai 1878. 


AOL MOCEEXA: 


Papilio Brutus, Farr. 

M. Achille Raffray a trouvé le Papilio Brutus en Abyssinie et 
à Zanzibar. 

Les exemplaires que j'ai vus provenant de ces deux pays sont 
différents. Ceux de Zanzibar sont d’un jaune plus roux et ont l'aile 
inférieure traversée par une large bande noire (var. A. Bdv. 
Species général, p.222.— Donovan, Natural Repository, pl. dE): 
De plus, la queue est noire dans les deux tiers de son étendue et 
jaune seulement à l'extrémité. 

Le type d’Abyssinie est, au contraire, d’un jaune soufré pâle; la 
bordure noire de l’aile supérieure est étroite; à l'aile inférieure, les 
taches noires sont très-rétrécies et la queue, presque entièrement 
jaune, est dépourvue de tache noire et n’est traversée que par le 
trait noir de la nervure. Encore, dans certains exemplaires, ce trait 
noir est-il à peine indiqué. 

Parmi les spécimens du Papilio Brutus, pris par M. Raffray, 
tant à Zanzibar qu’en Abyssinie, je n'ai vu que des ©. 

Je crois, conformément à l'avis émis par M. Kirby dans son si 
utile ouvrage, Catalogue of Diurnal Lepidoptera, que la Q du 
Papilio Brutus est fort différente du ©’, que la © en question est 
tantôt (suivant la localité) Papilio Cenea, Stoll, Trophonius, 
Westwood, Hippocoon, Fabr. 

Mais cela me porte à penser que les diverses variétés G' du Papilio 
Brutus qu'on rencontre dans toute l'Afrique australe, aussi bien 
sur les bords de l’Océan indien que de l'Océan atlantique, pourraient 


12 RHOPALOCERA 


bien constituer des espèces distinctes, et qu’alors Cenea serait la © 
d’une de ces espèces et Jippocoon la Q d'une autre espèce (*). 

Cramer figure (Papillons exotiques, pl. 151) un Brutus 
acaude. Était-ce un individu mutilé, comme le pensait M. Boisduval, 
ou bien cette espèce a-t-elle, comme Pammon, de l'Inde, une forme 
avec queue et une forme sans queue? Je n’ai jamais vu, quant à 
moi, que des Brutus S' dont les queues étaient très-développées. 

MM. Felder ont eu raison de séparer, sous le nom de Meriones, 
du Brutus de l'Afrique continentale, l'espèce voisine, mais très- 
distincte, qui habite Madagascar. Dans l'espèce de la grande île 
africaine, les deux sexes sont presque semblables ; la Q est caudée 
comme le C'et diffère surtout de celui-ci par la tache noire sécuri- 
forme de l’aile supérieure. Cette tache, qui n’existe que dans la ©, 
part de la base de l’aile et va aboutir aux deux tiers de la cellule 
discoïdale. Le Papilio Meriones varie tres-peu. J'ai vu beaucoup 
d'exemplaires pris à Ambavaran et à Tamatave. Ils sont tous 
semblables entre eux. 


Papilio Constantinus, Warp. 


L'ouvrage de M. Ward (African Lepidoptera) étant très-difficile 
à obtenir et la connaissance des Lépidoptères qui y sont figurés 
étant très-peu répandue en France, j'ai cru devoir faire figurer 
cette belle espèce. 

J'en ai reçu une paire prise à Bagamoyo par les Missionnaires 
du Saint-Esprit. 

Le Papilio Constantinus ressemble à la © du Papilio Doreus, 
appelée Thersander par Fabricius. Les deux sexes du P. Constan- 
tinus ne différent entre eux que par la teinte noire plus foncée et 
plus vive dans le S' que dans la ©, et par la présence à l'aile supé- 


(*) Je ne puis mieux faire que de renvoyer pour cette intéressante question au 
remarquable travail de M. Roland Trimen, publié dans les 7ransactions of the ento- 
mological society of London, 1874, p. 137 à 153, et de M. J.-P. Mansel Weale, p. 131 
à 136 du même volume. Ces travaux résolvent en grande partie les doutes. Maïs il y 
a encore bien des points à éclaircir. Je ne crois pas qu'on connaisse encore les £ du 
Brutus d’Abyssinie ni de Zanzibar? Les ® semblent plus rares que les G, et 
M. Raffray n’a pas eu le bonheur de les rencontrer ! 


RHOPALOCERA 13 


rieure du © de losanges soyeux, comme on en remarque dans les 
Papilio Lalandei, Ulysses, etc. 


Papilio Lyæus, Dep. (Nireus, CRAMER, 378, FG). 

Cramer a figuré dans ses Papillons exotiques; sous le nom de 
Nireus, deux espèces bien distinctes. Celle représentée dans la 
pl. 187, fig. À et B, me paraît être le Nireus de Linné; celle qui 
est peinte dans la pl. 378, fig. F et G, me semble être le Papilio 
que Doubleday a distingué sous le nom de Lyœus. 

Dans la collection Boisduval, il existait un Papilio étiqueté 
Lyœus; mais ce n’était autre chose que Mireus, Cr., 187, AB. 
Le Papilio figuré par Cramer, 378, F et G, ou Lyœus de Doubleday, 
est beaucoup plus rare que le Nireus représenté pl. 187, À et B, 
de Cramer. Lyœus diffère surtout de Nireus par la caudature 
beaucoup plus prononcée de son aile inférieure, la largeur plus 
grande de sa bande transverse bleue et la dentelure du bord exté- 
rieur de ses ailes supérieures. 

M. Raffray a trouvé le Papilio Lyœus en Abyssinie et n'en 
a recueilli que très-peu d'exemplaires. 


Papilio Nireus, CRAMER, 187, À B. 


Répandu dans toute l'Afrique australe et commun. Varie un peu 
pour l'étendue des bandes et des taches bleues, M. Raffray a pris 
à Tchouacka un individu &', dans lequel la bande bleue de l'aile 
supérieure a presque entièrement disparu et est indiquée seule- 
ment par quelques points. De plus, dans cette variété, les ailes 
supérieures, un peu plus dentelées que dans le type, sont ornées 
près du bord extérieur d’une série de lunules jaunâtres coupées en 
deux par la nervure. Je possède un individu @ de la même localité 
ayant les mêmes lunules jaunâtres à l'aile supérieure. 


Papilio Ophidicephalus, OBERTHUR (Menestheus, TRIMEN : Rhopa- 
locera Africæ australis, pl. 2, fig. 1). 
Je crois que M. Trimen a confondu à tort deux Papilio : le 
Menestheus de Drury et l'espèce qu'il a figurée sous ce nom dans 
son ouvrage sur les Rhopalocères de l'Afrique australe. J’ai cru 


14 RHOPALOCERA 


devoir distinguer les deux espèces et j’ai donné le nom d’'Ophidice- 
phalus à celle figurée par M. Trimen. 

Le Pap. Ophidicephalus diffère de Menestheus, parce qu'aux 
ailes supérieures les taches jaunes sont bien plus dilatées, celle de 
la cellule discoïdale et celles qui forment une bande commençant 
à la côte, au-dessus de la cellule, pour se prolonger au travers des 
ailes inférieures jusqu'au bord abdominal. Dans Menestheus, ces 
taches jaunes sont très-espacées et séparées les unes des autres, et 
elles vont en se rétrécissant sous forme de gouttes arrondies 
à mesure qu'on s'approche de la côte. Dans Ophidicephalus, ces 
taches jaunes sont au contraire élargies près de la côte et réunies 
entre elles au lieu d’être séparées. De plus, le vaste espace soyeux 
qu'on remarque à l’aile supérieure de Menestheus S manque ou 
existe à peine dans Ophidicephalus. 

Aux ailes inférieures, le P. Ophidicephalus a l'œil anal très- 
dilaté et remarquablement allongé, puis, à la queue, les deux taches 
jaunes sont plus allongées aussi et donnent à cet appendice, qui est 
long et un peu étranglé à sa naissance, l'aspect d’une {éte de ser- 
pent, d'où le nom Ophidicephalus. 

Enfin, le fond des ailes est plus brun dans Ophidicephalus que 
dans Menestheus. Le dessous reproduit les différences du dessus. 

M. Raffray en a pris un individu dans une clairière de forêt 
vierge, aux montagnes de Schimba, sur la côte, en face de l’île de 
Zanzibar. 


Papilio Demoleus, Lin. 

Commun à Zanzibar, comme, du reste, dans toute l’Afrique tro- 
picale. Ce papillon offre, comme le P. Machaon, deux types de 
coloration, l’un jaune citron, l’autre jaune un peu roussâtre. 
Papilio Leonidas, FA8. 


Tchouacka, où il n’est pas rare. 
Varie passablement pour la dimension des taches verdâtres. Le 
P. Leonidas habite aussi la côte occidentale d'Afrique. 


Papilio Philonoe, Warp (Ent. Month. Mag., X, p. 459). 


Zanzibar. 


RHOPALOCERA 15 


Je croyais nouvelle une espèce de Papilio noire, à antennes 
courtes et à taches blanches, intermédiaire entre la variété Bra- 
sidas de Leonidas et les Papilio Adamastor, Agamedes, etc.; mais 
l'honorable M. Hewitson, à qui j'avais envoyé une description suc- 
cincte du Papilio que je me proposais de décrire, a eu la bonté de 
me faire connaître que mon lépidoptère, présumé inédit, avait déjà 
été décrit par M. Ward sous le nom de Philonoe. 


Papilio Antheus, CRAM. 


Zanzibar; paraît être rare. Le type de la côte orientale semble 
avoir les taches d’un vert plus foncé que celui de la Guinée. 


Papilio Policenes, CraAM. 


Commun dans les montagnes de Schimba, sur le continent, 
vis-à-vis Zanzibar; ne diffère pas du type de la Guinée et de 
Camaroons. 


Papilio (*) Colonna, Wan. 

Monts Schimba et Mombaye; assez abondamment recueilli par 
M. Raffray. 

Ce beau papillon noir, à taches verdâtres et à ailes inférieures 
remarquablement obscures et largement caudées, me paraît faire 
un excellent passage entre le groupe des Papilioafricains £vombar, 
Antheus et Policenes et celui des Papilio américains Philolaus, 
Marcellinus, Sinon, etc. 


Pontia Narica, Bpv. 


Commune à Tchouacka; même type qu’au Sénégal. 


Pieris Thiza, Hopprer. 


Un seul exemplaire femelle de cette rare et belle espèce recueilli 
à Tchouacka, par M. Raffray. 


Pieris Severina, CrAM. 


Zanzibar; varie beaucoup pour l'intensité des dessins noirs aux 


(@) M. Raffray n'a pris aucune des espèces du groupe de Zenobius, Cynorta, ete. 


16 RHOPALOCERA 


ailes inférieures en dessous et la couleur desdites ailes inférieures 
plus ou moins jaunes ou blanches. Très-répandue dans beaucoup 
de localités de l’Afrique australe. 


Pieris Allica, Bpv., in Muscæo (variété de Gidica, Goparr). 

Lac de Tzana. 

Jolie Piéride, voisine de Gidica, dont elle n’est sans doute qu’une 
variété, nommée A//ica dans la collection du D' Boisduval, qui en 
avait reçu un exemplaire du Sénégal. Blanche en dessus comme 
Gidica. En dessous, diffère de Gidica, parce que l’apex est lar- 
gement teinté de brun et que l’aile inférieure est entièrement lavée 
de brun rougeâtre. La © diffère du © parce qu’elle est plus envahie 
de noir et que la couleur blanche est remplacée en dessus par du 
jaune citron pâle. 


Pieris Rhodanus, Warp. 

Zanzibar. 

Cette espèce est voisine de Poppea. Le mâle est tout blanc en 
dessus, avec une bordure marginale noire formée d’une bande 
intérieurement dentée, non interrompue à l’aile supérieure et d’une 
série de gros points à l’aile inférieure. La Q est blanche aux ailes 
supérieures, jaune aux ailes inférieures. Cette espèce paraît être 
rare. Elle est peut-être une variété de Poppea ? 


Pieris Creona, CRAm. 


Zanzibar; assez commune; varie beaucoup. 


Pieris Agathina, CRAM. 

Le type pris en Abyssinie par M. Raffray diffère de celui de 
Natal par une taille plus petite et le rétrécissement de la tache 
apicale et des points noirs en dessus. 


Pieris Rueppelii, Kocx (pl. I, fig. 2). 

Abyssinie. 

Charmante espèce, voisine d’Agathina, à côté de laquelle elle 
doit être placée. Ailes blanches en dessus, avec l’apex étroitement 
liséré de noir et l'extrémité des nervures terminée au bord extérieur 


RHOPALOCERA 10 


par un petit point noir; la côte de l'aile supérieure, surtout près de 
la base, est noirätre; la base de l’aile supérieure, ainsi que la partie 
contiguë de l'aile inférieure, est largement lavée de rouge orangé 
vif, extérieurement bordé de jaune pâle. 

Le dessous reproduit le dessus. Cependant la tache apicale noire 
manque et l'aile inférieure dans son entier est lavée de jaune pâle. 

Je ne connais que le ©. C’est peut-être une très-jolie variété 
d'Agathina, comme le dit M. Felder (Reise Novara, p. 167). 


Pieris Raffrayi, OBERTHUR (pl. I, fig. 3). 


Lac de Tzana, où M. Raffray en a recueilli une dizaine d’indi- 
vidus. 

La Pieris Raffrayi se place dans le voisinage de la P. Chloris, 
mais elle a un aspect tout à fait différent. 

Le d'est en dessus d’un noir profond, avec la base de l'aile supé- 
rieure d’un blanc pur, sablée de quelques atomes bleuâtres près du 
thorax ; la base de l’aile inférieure est également sablée d’une ponc- 
tuation bleuâtre très-serrée. 

En dessous, les parties noires du dessus sont reproduites exacte- 
ment, mais elles sont glacées d’un reflet gris ardoisé très-brillant ; 
la base de l’aile supérieure est, près du thorax, jaune d'or et au delà 
comme en dessus assez largement blanche; à l'aile inférieure, 
l'espace compris entre la première nervure et la côte est jaune d’or. 

La ©, semblable au mâle en dessous, est en dessus plus terne. 
Le noir est moins vif; la tache blanche moins opaque et moins écla- 
tante; le semis de points gris à la base de l'aile inférieure moins 
étendu et moins bleu. 


Pieris Protomedia, KLuc. 


M. Raffray a pris, en septembre 1873, aux environs de Massaouah, 
en Abyssinie, un superbe mâle de cette curieuse piéride qui appar- 
tient à la faune arabique. 


Pieris Tritogenia, KLuG. 


Environs de Massaouah, en septembre 1873. 


La P. Tritogenia et sa congénère Æriphia forment un petit 
D] 


22 


18 RHOPALOCERA 


groupe de Piérides jaunes maculées de noir, un peu à la façon des 
Satyres du genre Arge. Ces deux espèces semblent rares dans les 
localités qu'elles habitent. La P. Trilogenia a été trouvée au 
Sénégal, en Nubie et en Abyssinie. La P,. Æriphia sur la côte 
occidentale et en Cafrerie. 


Pieris Pigea, Bpv. 

Massaouah, en septembre ; lac de Tzana. 

Cette espèce varie pour la largeur du liseré noir apical du c'; 
pour la coloration jaune ou blanche et la taille de la Q. 


Pieris Simana, Hoppr. (an præced. var. ?). 


Massaouah, en septembre. 


Pieris Brassicoïdes, GUÉRIN (pl. I, fig. 4). 

Abyssinie. 

Cette piéride appartient au groupe de Brassicæ, Cheiranthi, etc. 
Elle est de la taille de Brassicæ, blanche en dessus, avec la côte 
de l’aile supérieure et la base des aïles noires; la bordure des deux 
ailes noire, intérieurement dentée. Les nervures transparaissent 
du dessous. 

Le dessous diffère du dessus, parce que la bordure noire manque, 
que l’apex de l’aile supérieure et l’aile inférieure tout entière sont 
lavés de jaune paille, que les nervures à l’aile inférieure sont tra- 
cées en noir assez largement ; qu’enfin à l’aile supérieure sont deux 
points noirs et que les nervures s’épaississent en noir au voisinage 
du bord extérieur. 

Cette description concerne le d'. La Q présente, par rapport 
au ©, les mêmes différences que notre P. Brassicæ. 


Calicharis Evarne, KLuG. 

Massaouah. 

Espèce très-variable, quant à la largeur de la bordure noire 
à l'aile supérieure dans le G' et à l'intensité de la tache apicale 
aurore dans la Q. 

Je suis persuadé que les Calicharis Auæo, Bdv., et Evarne, 
Klug, ne sont qu'une seule et même espèce. 


RHOPALOCERA 19 


Calicharis Keiskamma, TrIM. 
Massaouah. 


Un seul individu G'; n'est-ce point encore une variété de la pré- 
cédente espèce ? 


Calicharis Eupompe, KLuG. 

Cette éclatante piéride, dont la tache apicale est d’un carmin si 
brillant, ne semble pas très-rare en Abyssinie. Certains individus © 
sont bien difficiles à distinguer d’une autre Calicharis, la Danae, 
Fabr., qu'on trouve au Bengale et dans plusieurs parties de l'Afrique. 
Quand on a sous les yeux beaucoup d'exemplaires et qu'on peut 
étudier les passages qui font la réunion entre les extrêmes, on est 
porté à croire qu'Eupompe et Danae ne sont que deux formes 
extrêmes d’une même espèce. 


Calicharis Antevippe, Bpv. 
Massaouah. 
Habite aussi Natal et le Sénégal. 


Calicharis Omphale, Bpv. 
Zanzibar. 


Espèce encore très-variable et répandue dans un très-grand 
nombre de localités de l’Afrique australe. 


Calicharis Exole, Bpv. 
Zanzibar. 


Fait le passage entre Achine, Cramer, de Natal et du Cap, et 
Omphale. 


Calicharis Amina, Hew. (Celimene Bpv., in Muscæo). 

Une des plus jolies du genre. La tache apicale du mâle est d’un 
pourpre violet foncé. 

À côté de cette espèce, doit se placer une superbe piéride de 
Madagascar, appelée Zoe par le Dr Boisduval dans sa collection, et 
figurée sous ce nom par M. Grandidier, dans l'important ouvrage 
qu'il prépare sur la grande île africaine. 

L’aile supérieure tout entière de la Calicharis Zoe est d'un violet 
vif pourpré, traversé par les nervures marquées en noir. 


20 RHOPALOCERA 


Une bande sinueuse noire, partant de la côte pour aboutir au bord 
inférieur, coupe verticalement ces nervures à peu près aux deux 
tiers de l’aile. 

L’aile inférieure est blanche, avec la côte assez largement lavée 
d'orangé vif. 

Calicharis Ione, GOopART. 

Ne paraît pas rare à Zanzibar. La © présente deux types bien 
distincts; celui à tache apicale orangée, et l’autre où la tache apicale 
largement noire est seulement mouchetée de deux ou trois lunules 
blanches. 


Idmaïs Dynamene, KLUuG. 
Bagamoyo. Assez abondante à en juger par le nombre des indi- 
vidus capturés par M. Raffray. 


Eronia Leda, Bpv. 

Commune à Massaouah, en octobre. 

L’'Eronia Leda est répandue en Cafrerie, à Natal et en Abys- 
sinie. 

M. Roland Trimen a décrit et figuré dans son ouvrage « Rhopa- 
locera Africæ australis, » sous le nom d’'Æronia Leda, une espèce 
très-distincte de celle-ci et que j'appelle Trimenii. 

L'Eronia Trimenii diffère de Leda par la couleur plus pâle du 
jaune en dessus, le ton plus brique de la tache apicale orangée, la 
présence dans cette tache d’une série de points bruns parallèles au 
bord extérieur. Jamais l'Eronia Leda n’a de taches dans sa macule 
apicale aurore. 

En dessous, l'Eronia Trimenii a le sommet de l'aile supérieure 
lavé de rougeâtre et marqué de trois taches argentées cerclées de 
brun. L'’aile inférieure, bien plus chargée d’atomes bruns et rouges 
qu'aucun individu de Zeda, porte six taches argentées cerclées de 
brun, dont on voit cependant quelquefois le vestige dans certains 
individus de Leda. Mais l'aile inférieure de Trimenii est, le long 
du bord anal, lavée de rouge, ce qu'on ne voit pas dans Zeda. 

La figure de M. Trimen (pl. II, fig. 5), rend, du reste, fort bien 
le papillon, que je crois devoir distinguer de Zeda. 


RHOPALOCERA 21 


Eronia Cleodora, HUBNER. 


Bagamoyo; Zanzibar. 
Le type de cette espèce à Zanzibar est superbe, de grande taille 
et bien plus largement bordé de noir qu'en Cafrerie ou qu'à Natal. 


Eronia Buquetii, Bpv. 
Zanzibar. 


Semblable au type du Sénégal. 


Callydrias Castalia, Fas. (Rhadia, Bpv. : Species). 
Tchouacka. 


Terias Hecabe, Lin. 


Massaouah. 

La Terias Hecabe est répandue dans une grande étendue de 
pays. On la trouve en Chine, à Java et sur la côte orientale 
d'Afrique, en Nouvelle-Guinée. 


Terias Zoe, Hoppr. 


Zanzibar. 


Terias Senegalensis, Bpv. 


Tchouacka. 


Terias Brigitta, CRAM. 

Massaouah, en septembre. 

Se trouve aussi au Sénégal; varie beaucoup pour l'intensité de la 
couleur jaune et pour la taille. 


Iolaus Cæculus, HopPpr. 
Tchouacka. 


Iolaus Julus? Hew. (lllustr. of diurnal Lepidoptera, Lycænide, 

part. IV, supplément IV, fig. A, 42, 43). 

Zanzibar. 

Je rapporte, avec une certaine hésitation, à Zolaus Julus un seul 
exemplaire O' recueilli par M. Raffray, à Zanzibar. Il diffère de 
Julus par une taille plus petite; la partie noire à l’aile supérieure 


22 RHOPALOCERA 


envahit le long de la côte jusqu’à la base. En dessous, l'aile supé- 
rieure est uniformément blanche, et à l'aile inférieure la ligne qui 
monte en partant du deuxième point rouge est rougeâtre au lieu 
d'être noire, comme dans la figure de M. Hewitson. De plus, les 
trois croissants noirs, près de l’angle anal et surmontant les taches 
rouges, sont plus rapprochés desdites taches rouges que dans 
l’exemplaire figuré par M. Hewitson. 


Deudoryx Anta, Trm., HEw. (Gambius, BDv., in Mus.). 
Zanzibar, Tongor, Abyssinie, etc. 
Cette espèce est très-répandue dans toute l'Afrique australe; elle 
est commune à Natal, au Sénégal, etc. 


Loxura Alcides, CRAM. 

Tongor. 

Il est très-rare de recevoir intacte cette jolie lycénide; presque 
toujours les exemplaires que l’on recoit en Europe ont les queues 
incomplètes. La ZLoœura Alcides se trouve aussi en Guinée et à 
Natal. 


Aphnæus Perion, CRAM. 


Massaouah, en septembre. 
Se trouve aussi en Guinée, au Sénégal, à Natal, etc. 


Aphnæus Apelles, OBERTHÜR. 

Zanzibar. 

En dessus, ne diffère pas beaucoup de l’Apanœus Lyama, 
Horsfield, de Java; cependant l'espèce africaine, à peu près sem- 
blable à l’espèce malaise par la couleur bleu cendrée , la tache anale 
fauve éclairée d’atomes bleu métalliques et les deux petites queues 
fines, a la coupe d'ailes moins arrondie et les inférieures plus 
rétrécies. 

En dessous, l’Aphnœæus Apelles ressemble à l’Aphnœus Vul- 
canus, Fab. (Etolus, Cramer); le fond des ailes est d’un fauve 
pâle; les supérieures sont mouchetées de trois grosses bandes rousses, 
entourées d’un liséré noir et traversées au milieu par un filet 
argenté ; sur la troisième bande (celle qui est le plus loin de la base) 


RHOPALOCERA 23 


est greffée, près de la côte et intérieurement, une petite tache ne 
dépassant guère la nervure supérieure de la cellule discoïdale; 
parallèlement au bord extérieur, il y a deux fines bandes rousses 
avec quelques atomes argentés. Ces deux bandes descendent de la 
côte au bord inférieur et se rembrunissent en approchant du bord 
inférieur. 

Les ailes inférieures ont, le long du bord abdominal, une tache 
rousse dont le milieu est argenté, formant un V avec une autre 
bande qui part du bord antérieur, vers le milieu de l’aile, et descend 
jusqu’à un point noir situé au-dessus d’une autre bande également 
rousse, d’abord double et parallèle au bord extérieur. Entre cette 
bande parallèle au bord extérieur et celle qui forme un V avec la 
bande abdominale, est une autre bande rousse descendant du bord 
antérieur et s'arrêtant au contact des deux bandes au milieu des- 
quelles elle est placée. Un assemblage de quatre à cinq petites taches 
irrégulières, rousses et noires occupe la base de l’aile inférieure près 
du corps, dans l’espace vide compris entre le V formé par les deux 
bandes. 

L'angle anal est marqué d’un point noir de velours. Les quatre 
ailes sont lisérées avant la frange d’un filet noir vif. 


Polyommatus Pseudophlæas, LUCAS (Taras, Bov., in Mus.). 


Répandu en Abyssinie, où il remplace Phlæas, dont il n’est peut- 
être qu’une variété géographique. 


Lycæna Plinius, FAs. 


Trouvée à Zanzibar par M. Raffray ; habite aussi le Sénégal et le 
Cazamance, le cap de Bonne-Espérance, Natal, etc. 


Lycæna Bætica, Lin. 


Abyssinie. 

La © du type africain diffère du type que nous prenons en Bre- 
tagne par ce que les ailes inférieures sont marquées d'une bande 
maculaire blanchâtre parallèle au bord extérieur. Dans les P yrénées- 
Orientales, on trouve un type tout à fait intermédiaire, où cette 
même bande paraît par transparence du dessous. 


24 RHOPALOCERA 


Lycæna Parsimon, Fas. (Celœæus, CRAMER). 
Abyssinie. 
Se trouve ausi à Natal, en Guinée et en Cazamance. 


Conoplæa Niavius, Lin. 

Tchouacka. 

Habite une grande partie de l’Afrique australe, la Guinée, Angola, 
la côte orientale, etc. 


Danaïs Dorippus, KLuG (pl. I, fig. 5). 

Zanzibar. 

La Danaïs Dorippus n'est probablement qu'une variété de 
Chrysippus, dont elle diffère par l'absence de la bande maculaire 
transverse blanche au sommet de l'aile supérieure. Il existe des 
individus de la D. Dorippus dont les ailes inférieures sont plus ou 
moins blanches; ces individus sont analogues à la variété A/cippus 
de Chrysippus. 


Acræa Acara, HEw. 


Prise à Tongor par M. Raffray. 


Acræa Acrita, HEew. 


Un seul exemplaire de cette brillante espèce recueilli à Tchouacka 
par M. Raffray. 


Acræa Anemona, HEWw. 


Bagamoyo, d'où elle a été envoyée par les Missionnaires. 


Acræa Serena, FaBr. 


Tchouacka ; Zanzibar. 

Cette Acræa varie beaucoup. Dans certains mâles, la tache noire 
qui se trouve immédiatement placée au-dessus de la cellule discoïdale 
s'étend jusqu’à la rencontre de la bordure noire du bord extérieur. 
Dans d’autres, cette même tache est petite et ne dépasse pas la partie 
inférieure de l’extrémité de la cellule discoïdale. 

Les femelles sont quelquefois fauves, comme les mâles; d’autres 
fois brunes ou blanchâtres et transparentes. 


RHOPALOCERA 25 


Je possède une variété Q de Zanzibar dont l’aile supérieure est 
entièrement dépourvue de la bande transverse brune qui va de la 
côte au bord extérieur. De plus, dans cet individu, la bande brune 
qui suit le contour des ailes est extrêmement réduite. L'aspect de 
cette variété (ou aberration?) est assez différent du type. 

L'Acræa Serena habite presque toute la côte occidentale 
d'Afrique, ainsi que l’île de Madagascar. M. Boisduval a appelé 
Manjaca le type de cette grande île. Les C' insulaires ne diffèrent 
guère de ceux du continent (Natal, Zanzibar); mais toutes les © que 
j'ai vues sont plus blanches et plus transparentes. 


Acræa Rabbaiæ, Wanp (pl. Il, fig. 4). 


Bagamoyo, où elle paraît être peu abondante. 

Varie un peu. L’aile inférieure est blanche ou jaune; à l'aile 
supérieure la bande maculaire transversale noire est plus ou moins 
développée. 


Acræa Oncæa, variété Neluska, OBERTHUR (pl. IL, fig. 2 G', 3 Q). 


Zanzibar; diffère d'Oncæa par les caractères suivants : 

Dans Neluska S', en dessus, l’apex de l’aile supérieure est plus 
chargé de noir; la bordure de l'aile inférieure est complétement 
noire, comme dans Amalthea, Hewitson; entre les nervures, il n'y 
a aucune trace du trait longitudinal noir que possèdent tous les 
individus d'Oncæa, type qui proviennent de Natal et Delagoa-Bay, 
véritable patrie de cette dernière espèce. 

Neluska a les ailes plus opaques, surtout les supérieures, 
qu'Oncæa, qui est toujours plus diaphane. 

En dessous, Neluska est d’un ton absolument uniforme. 

La © est plus obscure que la © d'Oncæa type, et privée de 
l'éclaircie blanche que porte près du sommet de l'aile supérieure 
la © d'Oncœæa; les points noirs sont moins gros, mais ils occupent 
absolument la même position. 

Je crois que Neluska est une variété géographique de l'Oncæa, 
d'Hoppfer. Cependant cette variété m'a paru assez intéressante pour 
mériter d’être décrite et figurée. 


26 ÿ RHOPALOCERA 


Acræa Petræa, Bpv. 

Tchouacka. 

M. Raffray a pris à Tchouacka plusieurs exemplaires G' et Q 
absolument semblables entre eux, d’une variété de Petræa que j'ai 
fait figurer pl. IL, fig. 4. 

Dans cette variété, les ailes sont beaucoup moins chargées de 
taches noires, et le bord est beaucoup moins rembruni que dans 
Petræa type, de Natal et de Cafrerie. 


Hypanis Ilithyia, Crau. 

Environs de Massaouah, où M. Raffray a recueilli un type de petite 
taille et peu vivement coloré. Tchouacka, où au contraire l’Æypanis 
Thithyia est grande et d’un fauve brillant. 

On trouve aussi l’Æ. Ilithyia à Angola, au Gabon, en Cafrerie, 
etc. Il paraît qu’elle habite aussi l’Inde; je n'ai cependant jamais vu 
d'exemplaires de cette espèce provenant d’Asie. 

M. Kirby, dans son Synonymic Catalogue, indique les 
Hypanis Polynice, Cramer, du Sénégal, Anvatara, Bdv., de 
Madagascar, et Cora, Feisthamel, de Cazamance, comme des va- 
riétés d’Zlithyia. Je crois, au contraire, que ce sont bien des espèces 
séparées, ayant chacune des caractères distinctifs très-nettement 
définis et n’offrant presque jamais de variation. Ces caractères diffé- 
rentiels résident surtout dans les dessins de l’aile inférieure en 
dessous. 


Eurytela Dryope, FAs. 


Environs du lac de Tzana, en Abyssinie. 


Junonia Clelia, Fa. 

Commune à Massaouah et Bagamoyo. 

Habite aussi Natal, la Guinée, le Sénégal, etc. Varie pour la 
netteté des dessins à l’aile inférieure en dessous. 
Junonia Ocyale, HUEN. 


Massaouah. 


Junonia Limnoria, KLUG. 


M. Raffray a pris une paire de cette remarquable espèce pendant 


RHOPALOCERA 27 


son voyage en Abyssinie, à une assez petite distance de Massaouah, 
en septembre 1873. 


Junonia Elgiva, HEw. 


Tchouacka. 
La © diffère du S'par la couleur plus päle de la bande fauve 
transverse des ailes en dessus. 


Junonia Antilope, FEISTH. 


Abyssinie, où M. Raffray en a pris deux exemplaires, dont le 
type est absolument semblable à ceux du Cazamance. 


Junonia Sophia, FABr. 


Environs du lac de Tzana. Certains individus ont les bandes des 
ailes supérieures blanches, d’autres les ont fauves ; quelques exem- 
plaires font le passage entre les deux variétés de coloration. 


Salamis Anacardii, Lin. 


Lac de Tzana. 
Le type d’Abyssinie ne diffère guère des individus qu’on trouve 
en Guinée, à Camaroons, à Natal. 


Neptis Agatha, CRAM. 


Cette jolie espèce semble commune à Zanzibar. Elle habite aussi 
la côte de Guinée et Angola. 


Diadema Misippus, Lin. (Bolina, DRuRY). 


M. Raffray a pris en Abyssinie une paire accouplée de cette 
curieuse nymphale, dont la © est si différente du ©. 

Le O' ressemble à Diadema Lasinassa, Cramer; la ©, au 
contraire, a tout à fait le facies des Danaïdes du groupe de 
Chrysippus. Il existe même une variété Q (Znaria, Cramer), où la 
bande maculaire transverse du sommet de l’aile est oblitérée, et qui 
est au type ce que la variété Dorippus est à Chrysippus. 

On trouve le Diadema Misippus dans des pays bien divers, en 
Afrique, à la Guyane, dans l'Inde, en Australie. 


28 RHOPALOCERA 


Diadema Usambara, Wan. 


M. Raffray a capturé à Zanzibar (ou peut-être sur le continent, 
dans les monts Schimba?) un seul exemplaire de cette splendide 
espèce, la plus belle du genre, avec Dexithea, dont elle a en dessous 
les couleurs. Je croyais inédite cette Diadema, et je me proposais 
de la dédier à M. Raffray, comme la plus belle espèce nouvelle de 
Lépidoptères qu'ait découverte ce voyageur. Mais M. Hewitson, à 
qui j'avais envoyé un dessin de la Diadema en question, a eu l’obli- 
geance de me faire savoir que M. Ward l'avait déjà décrite sous le 
nom de Usambara. 


Aterica Meleagris, CRAM., DRURY. 


Trouvée en Abyssinie par M. Raffray. 

L'Aterica Meleagris habite le Sénégal et l’Abyssinie. Elle varie 
beaucoup. Certains exemplaires ont le dessous uniformément roux ; 
chez d’autres, le dessous est moucheté de nombreuses taches blanches 
et noirâtres. En dessus, on remarque chez certains individus, au 
sommet de l’aile, une petite tache blanche qui manque dans d’autres. 
Comme on trouve des passages entre les deux variétés, il paraît 
difficile de former une espèce de plus. 


Romaleosoma Neophron, Hoppr. 


Tchouacka. 
Diffère du type figuré dans Hoppfer (Peter's Reise), en ce que la 
couleur des ailes en dessus est violacée au lieu d’être verte. 


Euryphene Senegalensis, H.S. 


Une © prise à Tongor par M. Raffray. 

Cette espèce varie beaucoup pour la taille, la teinte violacée des 
S' plus ou moins foncée, le développement de la tache blanche 
transverse à l’aile supérieure dans les ©. 


Godartia Wakefieldii, Wan» (pl. Il, fig. 5). 

Zanzibar. 

Magnifique espèce que j'ai fait figurer, parce qu’en France elle 
est à peine connue. Je dois à l’obligeance de M. Hewitson d’avoir 


RHOPALOCERA 29 


appris le nom de cette espèce, que M. Ward a décrite en 1873, dans 
l’'Entomologist Monthly Magazine (p. 152). 


Charaxes Hansalii, FELD. 
Abyssinie. 
Un seul exemplaire. 


Charaxes Æson, H.S. 
Zanzibar. 
Un exemplaire en débris. 


—G ER YT D— 


HÉTEÉROCÈRES 


Melittia Œdipus, OBerTHUR (pl. IL, fig. 1). 

Zanzibar, d’où M. Raffray a rapporté un seul exemplaire parfai- 
tement frais. 

Les antennes sont courtes, très-finement ciliées et très-renflées 
vers l'extrémité qui se termine en un petit crochet pointu. La tête 
est grosse; les yeux sont saillants; les palpes sont développés, 
dépassent sensiblement la tête, sont épais et blancs à la base, noirs 
à l'extrémité. Le collier, le thorax et les épaulettes sont couverts 
d’écailles brillantes d'un vert bronzé; l'abdomen terminé par un 
pinceau de poils noirs et blancs, est en dessus annelé de blanc et de 
noir ; le quatrième anneau est tout blanc. En dessous, l’abdomen est 
entièrement blanc. Les ailes supérieures sont vitreuses avec la côte, 
la base, la cellule discoïidale et l'extrémité des ailes couvertes 
d’écailles d’un brun foncé s’éclaircissant en rouge brique, spéciale- 
ment à l'intérieur de la tache cellulaire et de la tache de l'extrémité 
de l'aile; cette tache est en outre sablée de petits points dorés et 
brillants. La base de l’aile supérieure est sablée de rouge. 

Les ailes inférieures sont larges, vitreuses, avec les nervures 
noires. Le bord abdominal de ces ailes est occupé par une tache noire 
sablée de points blancs brillants. La frange des quatre ailes est large 
et noire. 

Les pattes sont : la première paire blanche, avec la base d’articu- 
lation très-large ; 

La deuxième paire blanche au premier article, blanche et noire 
aux deuxième et troisième ; 

La troisième paire très-plumeuse, noire à la base, puis blanche, 
enfin noire avec quelques fins bouquets de poils blancs et une petite 
touffe rousse. 


HÉTÉROCÈRES 31 


Cette charmante Sésie appartient au genre Melittia Walker, dont 
les espèces nombreuses sont répandues dans les parties chaudes des 
deux Amériques, l'Inde et l'Afrique. Il est certain que beaucoup 
d'espèces de ce genre restent encore à découvrir, et que la région 
tropicale doit en nourrir un grand nombre qui nous sont encore 
inconnues. 


Euchloron Megæra, Lin. 


M. Raffray a trouvé à Zanzibar un individu de cette superbe 
espèce toujours rare, quoique anciennement connue. 


Zonilia Raffrayi, OserrTaür (pl. IT, fig. 2). 


Décrit sur un exemplaire trouvé en Abyssinie par M. Raffray et 
dédié à cet explorateur. 

La Zonilia Raffrayi est de la taille de Zonilia Fumosa, Bdv. 

Les ailes supérieures sont près de la base d’un brun vineux clair, 
traversé par deux bandes un peu indécises plus foncées; puis le 
milieu est occupé par une tache brune tracée obliquement intérieu- 
rement, formant extérieurement une sorte d'escalier. Dans cette 
tache est à l'extrémité de la cellule un V blanc jaunâtre, au-dessus 
duquel la côte est du même brun vineux clair que la base. L'extré- 
mité, près du bord extérieur, est d'un brun verdâtre se fondant en 
plus clair par un semis d'atomes blanc rosé, jusqu’à la rencontre de 
la tache médiane plus foncée. La frange de l'aile supérieure est 
brune. 

L’aile inférieure, couverte d’une pilosité verdâtre à la base, est 
brune avec la frange plus claire. 

La tête et le thorax sont d'un brun vineux; l’abdomen a les côtés 
plus clair que le milieu avec les anneaux soulignés de noir. 

En dessous, la Zonilia Raffrayi est uniformément d’un brun 
rougeâtre clair traversé par deux bandes parallèles au bord exté- 
rieur, faiblement indiquées en brun noir. 


Thyretes Negus, OBERTHUR (pl. IL, fig. 3). 
Abyssinie (Raffray). 
Le genre Thyretes à été établi par le Dr Boisduval, sur quelques 


32 HÉTÉROCÈRES 


espèces à antennes fortement pectinées dans les mâles, à ailes 
longues, brunes, parsemées de taches lobulaires blanchâtres d’un 
aspect diaphane. J'en connais quatre espèces, dont trois non encore 
décrites, provenant d'Afrique et de Java. 

L'espèce que j'appelle Negus, a les ailes supérieures d’un gris bru- 
nâtre avec huit taches blanches, une dans la cellule et les sept autres 
rangées entre chacune des nervures qui partent de cette cellule. Les 
six premières, depuis l’apex, sont de forme un peu ovalaire, sauf la 
troisième qui est triangulaire; la septième est longue, et l’espace 
compris entre cette longue tache et la base de l’aile au-dessous de la 
nervure, est blanchâtre dans son milieu, 

Les aïles inférieures, entourées d’une large frange brune portent, 
comme l'aile supérieure, une tache blanche dans la cellule et une 
autre entre chaque nervure. 

La tête est jaune; les yeux sont très-saillants; jointes à la tête 
sont deux plaques de poils blancs et serrés qui recouvrent un peu le 
haut du thorax; à la naissance de chaque aïle supérieure est une 
petite tache toute blanche; le thorax est brun, avec sur les côtés 
deux longues épaulettes brunes; à la base du thorax, le premier 
anneau abdominal est garni de deux taches blanches sur les côtés et 
d’une jaune au milieu; puis, l'abdomen qui est brun porte une ligne 
dorsale de fines macules jaunes, et, de chaque côté, une série latérale 
de petits points blancs. 

Les pattes sont brunes; le dessous reproduit exactement le dessus. 

L'aspect général de cette espèce est transparent; les écailles sont 
peu épaisses et peu serrées. 


Syntomis Rufina, OBERTHUR (pl. IL, fig. 4). 

Abyssinie. 

Antennes noires à extrémité blanche; thorax vert bleu mordoré; 
abdomen de même couleur, marqué d’une tache rouge à son point 
d'attache au thorax et annelé, mais en dessus seulement de trois 
traits parallèles rouges qui ne se rejoignent pas en dessous et 
s'arrêtent net sur le côté de l'abdomen; pattes brun verdâtre, les 
deux premières paires portant à la base du dernier article une petite 
tache blanche. 


HÉTÉROCÈRES 33 


Ailes bleu acier foncé et brillant, les supérieures avec six taches 
d’un jaune roux, dont l’une à l'extrémité de la cellule, trois au delà, 
la première de celles-ci près de la côte, séparée des deux autres, 
qui sont juxtaposées, par l'espace de deux nervures restant vide, 
enfin les deux dernières au-dessous de la nervure médiane, entre 
cette nervure et celle qui longe le bord inférieur; aux ailes infé- 
rieures sont aussi deux taches de même couleur jaune roux, l’une 
près de la base, à laquelle elle ne touche cependant pas, grosse 
et à peine divisée par un pli et la nervure la plus voisine de l'ab- 
domen qui la traverse, l'autre en forme de croissant vers le centre 
de l'aile. 


Syntomis Ceres, OBerTHüR (pl. IL, fig. 5). 


Zanzibar. 

Antennes noires à extrémité blanche, thorax vert foncé brillant, 
abdomen de même nuance, portant une tache rouge à son point de 
contact avec le thorax. 

Ailes d’un noir vert brillant à la côte et terne ailleurs, les supé- 
rieures ornées de sept taches transparentes, et les inférieures de 
deux taches semblables. 

Aux supérieures, ces taches sont placées comme suit : d’abord une 
triangulaire dans la cellule; puis quatre au delà, dont une très- 
petite au-dessus d’une longue séparée par un espace noir des deux 
autres qui sont juxtaposées, enfin deux au-dessus de la nervure qui 
longe le bord inférieur. 

Aux inférieures, celle de ces taches qui est large et située près de 
la base, est traversée par les nervures très-finement blanches; la 
deuxième toute ronde est au delà. 


Naclia Pygmula, Osertur (pl. III, fig. 6). 


J'avais envoyé ce papillon, comme tous ceux qui sont figurés sur 
les trois premières planches de cette étude, à M. Théophile Deyrolle, 
à Concarneau. Dans le voyage, l'abdomen s’est détaché et brisé en 
morceaux. Je me souviens qu’il était noir, annelé de jaune. Mais 
M: Deyrolle n’a pu le reconstituer, et cette partie très-importante de 
l'insecte n'a pas été figurée. 

3 


34 HÉTÉROCÈRES 


Les antennes de la ©, seul sexe que je connaisse, sont très-courtes, 
noires avec l'extrémité blanche. Le collier est formé de poils jaunes 
courts et serrés, de même que les épaulettes. La base du thorax est 
jaune. 

Les ailes sont brunes, les supérieures avec quatre taches dépour- 
vues d’écailles; une large près de la base des ailes; deux autres 
divisées chacune en deux parties par les nervures, et la dernière 
très-étroite située entre la première et les deux autres qui se trouvent 
à l'extrémité des ailes. La base de l’aile inférieure est entièrement 
transparente avec entourage brun, sauf le bord anal qui n'est pas 
entouré de brun. 

La figure, pour une espèce aussi délicate, est grossièrement faite. 
Je regrette vivement que le dessinateur, dont le talent est cependant 
fort remarquable, n'ait pas réussi ce travail comme je l'aurais 
désiré. 


Saturnia Saïd, OrErTaüR (pl. III, fig. 7). 


Large et belle espèce, aux ailes supérieures d’un brun rouge 
parsemé, dans toute son étendue, d'écailles jaunes et blanches, mais 
plus spécialement blanches le long de la côte, et au delà d’une pre- 
mière partie basilaire qui est plus foncée et limitée par un dessin de 
forme irrégulière, mais un peu arrondie, traversant l’aile de la côte 
au bord inférieur. Au-dessous de cette éclaircie costale blanche et 
pour clore la cellule discoïdale, une tache fenestrale oblongue, demi- 
lunaire, paraît en creux dans son épais cercle de poils écailleux 
jaunes entourés d’un mince filet noir, puis d’un cercle rose et enfin 
d’un croissant blanc. 

L'éclaircie blanche est limitée aux deux tiers de la longueur de 
l'aile supérieure par la couleur brun rouge du fond qui atteint la 
côte. Une bande assez droite, puis s’arrondissant intérieurement à la 
base, descend du haut en bas de l’aile, le long du bord extérieur. 
Cette bande est formée d’un mince filet brun foncé, puis d’une 
large éclaircie blanche qui tranche sur la couleur du fond. 

Les ailes inférieures sont d'un rouge rosé un peu vineux, très- 
velues le long du bord anal, avec une grande tache ocellée dont le 
centre est occupé par un croissant dépourvu d'écailles, largement 


HÉTÉROCÈRES 35 


cerclée de jaune sale; autour de cette partie jaune existent trois 
cercles, le premier noir, le second plus large, rose vineux un peu 
plus clair que la couleur du fond, le dernier blanc. Une bande d’un 
brun noirâtre extérieurement accompagnée d’une autre bande qui 
est blanche, suit parallèlement le bord extérieur de l'aile inférieure. 
Le front est séparé du thorax par un liséré blanc. 

Les antennes du © sont fortement pectinées. 

En dessous, les ailes sont d’un gris rosé; la base de l’aile supé- 
rieure est largement occupée par une pilosité soyeuse d’un rouge 
rosé vineux; une bande brune, sablée de poils rouges et jaunes, 
descend de la côte à cette tache vineuse à laquelle elle se lie, juste 
au delà de la tache fenestrale; puis la bande transverse du dessus 
est reproduite, mais plus pâle et plus sinueuse. 

L’aile inférieure, uniformément d’un gris rosé blanchâtre, est 
traversée par deux bandes un peu vaguement écrites, parallèles, 
au bord extérieur, l’une coupant en deux la tache fenestrale, l’autre 
formée de croissants bruns creux vers la base, assez droite et supé- 
rieure à la bande du dessus qui n’est pas indiquée en dessous. 

M. Raffray a obtenu cette espèce de la chenille à Bagamoyo, mais 
n’a pas gardé la description de la larve. 


Saturnia (Thyella) Zambezia, FeLper (Novara, tab. LXXXV, 
fig. 5). 


Deux beaux exemplaires obtenus de la chenille à Bagamoyo, par 
M. Raffray. 


Ophiusa Allardi, OBErTHUR (pl. Il, fig 6). 


Cette belle noctuelle a été prise à Zanzibar par M. Raffray. 

Elle est d’un blanc jaunâtre en dessus; les ailes supérieures sont 
traversées de l’apex au bord inférieur par une bande droite et brune; 
l'apex est inégalement sablé de brun; la frange de l'aile supérieure 
est brune le long du bord extérieur et blanche le long du bord infé- 
rieur. 

Les ailes inférieures sont uniformément blanches. L’extrémité de 
l'abdomen est jaunâtre. 


36 HÉTÉROCÈRES 


En dessous, les ailes sont entièrement blanches avec le haut de 
la côte et les parties voisines du bord extérieur légèrement sablées 
de brun jaunâtre; la frange est comme en dessus. Les plis intra- 
nervuraux sont tout près de la frange, marqués d’un tout petit 
point brun foncé. Le thorax et l’abdomen sont jaunes. 

Dédiée à M. Gaston Allard, d'Angers, si connu pour ses belles 
explorations entomologiques de l'Algérie. 


PREMIER SUPPLÉMENT 


FAUNE pes LÉPIDOPTÈRES 
d'Algérie. 


——— SAIT BEI — 


2 L | 15 | so . | 
THEM AITe MAMAN 


1.) En | | ee ; 
CHRPNTITEUN ETAT D 
| | ” FUN 


“ e 2 L | Ji 2 


Depuis la publication de la première livraison de ces 
Études d'Entomologte, j'ai reçu, Sur les Lépidoptères 
d'Algérie, plusieurs communications à la suite desquelles 
j'ai cru devoir faire graver la planche qui porte le n° V 
de ce troisième fascicule. 

Outre quelques espèces nouvelles dont il n’est pas 
question dans la première livraison, j'ai fait figurer sur 
cette planche quelques autres que j'avais déjà décrites, 
mais dont plusieurs Entomologistes m'ont demandé de 
connaître le dessin. 

Je profite de ce premier supplément pour publier les 
rectifications reconnues utiles à mon premier travail. 
J'espère pouvoir, avant peu, faire paraître un deuxième 
supplément à la faune des Lépidoptères de notre colonie 
algérienne, et Je m’efforcerai toujours de tenir au courant 
de la science et des découvertes qui se font incessam- 
ment, l'inventaire que j'ai déjà dressé des espèces de 


papillons algériens. 


Rennes, 20 septembre 1878. 


| " à ss 
1 91 it ' tou "M voire 21 { pi li fai! # ne dupe it pi ne . 
4 bles, Pre rail LE RAYON es ai 
gaffe LP kan etat LL CPI MR. | 
te 4e 


MIT on: 1} QAR nl BUS or 
: <a L'éubtbten ti 
Le. Jets 48e anidint os be ; 


ee et AL nés 


IAE slt} Naip ET DIEU 
tube) tt eristeitq de Pre | 
AR DU al st 

EE Et En Qt als 0 
#autti TNA MAO Sy 
Æ 
LINE s ki 4 


CHU A Nfa1 NON 70 : 
LoN ‘ot a 14 Li n ÿ 
ro [Ta ie a [M Lt 
\b ht GTI ht are age 
; GA T SN HEte 
1 . à 


LÉPIDOPTÈRES D'’ALGÉRIE 


Thecla Rubi, Lin. 

Alger; en février. M. l'abbé Armand David a pris, cette année, 
aux environs d'Alger, un type fort remarquable de Thecla Rubi. 
La couleur brun foncé du dessus est remplacée par un brun rougeâtre 
clair. 


Arge Mauritanica, OBErTHÜUR (Q pl. V, fig. 3). 

J'ai fait figurer la © de cette remarquable variété algérienne de 
Galathea. Le Sa été figuré par M. Lucas, sous le nom de Clotho 
(Exploration de l'Algérie, pl. H, fig. 4). 


Zygæna Seriziati, OBERTHUR (pl. V, fig. 7). 


J'ai décrit en détail cette Zygène dans la première livraison des 
Études d'Entomologie, pages 33 et 34. J'ai fait figurer le type que 
l’on rencontre le plus ordinairement. 


Zygæna Felix, OBErTHUR (pl. V, fig. 4). 


Espèce bien tranchée par son double collier blanc, le ton carminé 
de ses parties rouges et l'entourage blanc pur plus ou moins large 
de ses taches rouges à l’aile supérieure. L’abdomen est tantôt tout 
noir, tantôt pourvu de deux anneaux rouges. Je possède des individus 
intermédiaires et notamment une © dont les deux côtés de l'abdomen 
sont seuls rouges ; le dessus et le dessous y sont restés noirs. 


Zygæna Allardi, OsErTuür (pl. V, fig. 5). 


Diffère d'Orana par les caractères suivants : les taches rouges 
plus larges et plus contiguës, plus largement cerclées de blanc jau- 
nâtre que dans Orana ; le rouge de ces taches dans A//ardi est ver- 
millon pâle, tandis qu’il est carminé vif dans Orana; l'abdomen est 
annelé de rouge, tandis qu’il est toujours noir dans Orana. Le trait 


42 LÉPIDOPTÈRES D'ALGERIE 


blanchâtre qui borde la tache rouge de la base de l'aile supérieure, 
s'étend en un trait oblique près du bord inférieur de l’aile supérieure 
dans Al/ardi, et on remarque une ligne gris blanchâtre prolongée 
le long de ce bord. 

Remplace Orana dans la province de Constantine, où elle habite 
Marcouna près Lambessa. Dédiée à mon ami Gaston Allard, qui a 
découvert cette charmante Zygæna dans l’un de ses premiers 
voyages en Algérie. 


Trichosoma Huguenini, MILLIÈRE. 


J’ai reçu de mon savant et respectable ami, M. Millière, commu 
nication d'un Trichosoma nouveau que M. Huguenin, de Zurich, 
avait rencontré aux environs d'Alger pendant l'hiver dernier. 
M. Millière m'informait qu'il se proposait de dédier cette espèce 
à celui qui l’avait découverte et de la décrire très-prochainement. 

Je ne parle donc de cette espèce qu’en la désignant d'avance par 
le nom que M. Millière lui a primitivement attribué, et je la con- 
sidère comme valablement créée par notre éminent collègue. 

Deux autres exemplaires de cette même espèce ont été capturés 
aussi l'hiver dernier, à Alger, par M. l'abbé Armand David, le 
célèbre explorateur de la Chine. Avec une générosité dont il a déjà 
si fréquemment usé à mon profit et dont je ne saurais assez lui 
témoigner ma reconnaissance, M. l'abbé David s’est dépossédé en 
ma faveur des deux seuls exemplaires qu'il ait capturés. Ces deux 
papillons ne sont pas pareils entre eux. Je les décrirai séparément : 

PREMIER EXEMPLAIRE, — ©; plus petit que le 72ichosoma Bœti- 
cum; ailes supérieures brunes avec la frange concolore; ailes 
inférieures noires avec deux taches jaunes, dont l’une triangulaire, 
partant de la base et s’avançant jusqu'aux deux tiers de l’aile 
environ, occupe la cellule discoïdale qui est fermée par un accent 
circonflexe noir et la dépasse un peu; l’autre tache jaune est longue 
et étroite le long du bord abdominal, très-resserrée aux deux tiers 
de son parcours par le noir qui la remplit presque à cet endroit, et 
aboutit enfin en un point triangulaire au bord des ailes. La frange 
est jaune à ce point de contact et ailleurs brun pâle; le thorax est 
couvert d’un poil épais, couleur blond clair; le dessous reproduit 


LÉPIDOPTÈRES D'ALGEÉRIE 43 


le dessus en plus pâle, et on y voit paraître aux ailes supérieures 
quelques atomes jaunâtres, indiquant des taches qui sont plus accen- 
tuées dans le deuxième exemplaire. 

DEUXIÈME EXEMPLAIRE. — G'; diffère du précédent par le ton 
plus rouge brique de ses ailes supérieures et trois taches jaune 
paille très-nettement marquées : l’une dans l’intérieur de la cellule, 
l’autre au delà, près de la côte, la troisième immédiatement au- 
dessous de la première, près du bord inférieur des ailes; cette 
troisième est très-petite, ronde et cerclée très-finement de brun; 
le ton jaune des ailes inférieures est plus vif, et les poils du corps, 
surtout aux épaulettes, sont plus pâles et plus jaunâtres. 


Spilosoma Leprieuri, OBERTHÜR (pl. V, fig. 2). 

Dédiée à M. le D" Charles Leprieur (*), actuellement au 3° ré- 
giment du génie, à Arras et autrefois à Bou-Sâada, comme sou- 
venir de reconnaissance de la cordiale et si gracieuse hospitalité 
qu'il offrit, en Algérie, à MM. Gaston Allard et René Oberthür. 

Le Spilosoma Leprieuri est plus petit que son congénère 
Pudens, à côté duquel il doit se placer. Il est en dessus d'un brun 
roux, et comme les écailles sont peu serrées, l'aspect général en est 
un peu transparent. Aux ailes supérieures, sont placées, sur la côte 
et à peu près à distance égale les unes des autres, quatre taches d’un 
noir vif, les deux plus rapprochées de la base petites et les deux 
autres plus grosses, Ces quatre taches sont finement bordées d’une 
liture jaunâtre. Cette liture s'arrête à la côte, la tache restant toute 
noire à son point de contact avec le bord antérieur de l'aile. Le bord 
inférieur de l’aile supérieure est marqué de trois petites taches noires, 
bordées d’une liture jaunâtre, comme celles qui sont contiguës au 
bord antérieur de la même aïle. Dans la nuance du fond des ailes 
inférieures, principalement près du bord extérieur, on remarque 
quelques atomes plus bruns et plus obscurs. 


(*) J'aurais dû depuis longtemps consacrer par la dédicace d’un Lépidoptère 
d'Algérie l'amitié qui nous unit à M. le D: Charles Leprieur, et j'avais dans mon 
premier travail successivement donné son nom à deux espèces que je croyais 
nouvelles, mais que plus tard je reconnus avoir été déjà décrites auparavant, Cette 
fois, je n’ai pas à craindre ce qui fut pour moi une pénible déception, et la nouveauté 
du Spilosoma Lepriewri est absolument indiscutable, 


44 LÉPIDOPTÈRES D'ALGÉRIE 


Le dessous reproduit le dessus, mais en plus pâle, et le bord an- 
térieur des ailes supérieures et inférieures est lavé de jaunâtre. Les 
antennes ont l’arête rouge à la base et d’un jaune rosé ensuite, 
avec les cils noirs, comme dans Pudens: le thorax et l'abdomen 
sont couverts de poils blonds jaunâtres. 

Spilosoma Leprieuri, ainsi que je le disais plus haut, est voisin de 
Pudens; mais il ne saurait être confondu avec lui. Il en diffère, en 
effet, surtout parce que Pudens est d’un rouge rosé, au lieu d’être 
brun roux; parce que dans Pudens, il y a trois taches noires seule- 
ment le long de la côte de l'aile supérieure; que ces taches dans 
Pudens ne sont entourées d'aucune liture; qu’elles sont d’un noir 
beaucoup moins vif et brillant que dans Zeprieuri et qu'elles 
n’occupent pas la même position, c’est-à-dire le même espacement 
relatif. Dans Leprieuri, elles partagent la côte depuis la base à 
l’apex à peu près en cinq parties égales, et dans Pudens en quatre 
parties égales. 

Je connais deux & du Spilosoma Leprieuri. L'un est dans ma 
collection et l’autre appartient à M. le D" Staudinger, de Dresde, 
qui les a reçus tous deux de M. le Dr Seriziat. Le Spilosoma 
Leprieuri a été découvert aux environs de Collo. 


Bombyx Luteus, OBERTHÜR. 


Notre sympathique collègue, M. J. Fallou, de Paris, m'a offert 
le seul exemplaire qu'il possédât de ce nouveau Bombyx, qui a été 
capturé par M. Warion, à El-May (province d'Oran), en juin 1868. 
Cet exemplaire unique est en fort mauvais état et ses ailes sont 
toutes lacérées; cependant, les deux côtés se complètent assez l’un 
par l’autre pour permettre de décrire et de figurer cette nouvelle 
espèce algérienne. Le dessin paraîtra dans la quatrième livraison 
de ces Études. 

©.—Ailesentières, forme et taille du Bombyx Rimicola, Hübner 
(Catax, Esper), entièrement et uniformément jaune d'or en dessus 
comme en dessous. Le thorax et l'abdomen exactement de la couleur 
des ailes; l'abdomen n’est pas laineux à l’extrémité, comme dans 
Rimicola, Everia, Lanestris, etc. Il est conformé comme dans 
Franconica. 


LÉPIDOPTÈRES D'ALGERIE 45 


Endagria Algeriensis, RAMBUR. 


Je fais figurer (pl. V, fig. 1) de cette livraison le G de cette espèce 
que j'ai décrite dans la première livraison des Études d'Entomo- 
logie, p. 40. 


Agrotis Hodnæ, OBERTHUR (pl. V, fig. 8). 


Se place à côté de l'Agrotis Arenicola, Sigr., de Corse. Les ailes 
supérieures sont longues et relativement étroites; la base, au- 
dessous de la nervure médiane, est occupée par une tache jaunâtre 
du milieu de laquelle part un trait relativement épais, en forme de 
pointe d'épée, gris à l’intérieur, avec les bords tracés en noir. Ce 
trait s’avance parallèlement à la nervure médiane, sans dépasser 
l'extrémité de la cellule discoïdale. A l’intérieur de cette cellule, se 
trouve une tache ovale jaunâtre, centralement ponctuée de brun 
foncé. La tache réniforme est brun clair, elle est séparée de la tache 
ovale de l’intérieur de la cellule par un espace brun foncé. Au delà 
de la cellule sont des traits intranervuraux bruns entourés de 
jaunâtre, l'extrémité de l'aile supérieure est brun foncé; le bord 
terminal de l’aile est jaune clair et la frange est brune; l’aile infé- 
rieure est entièrement d’un blanc d'argent brillant entourée d’une 
fine limite brune qui sépare la frange du bord extérieur. 

Quand cette espèce a les ailes fermées dans le repos, elle se 
confond absolument avec le sable. L'individu, que je possède a été 
trouvé par mon frère, parmi les herbes qui croissent dans les régions 
sablonneuses autour de Bou-Säada. 


Agrophila Deleta, STAUDINGER. 


Jolie petite espèce découverte à Collo, par M. Seriziat, et décrite 
par M. Staudinger, de Dresde. 

Elle est de la taille de Pura; les ailes supérieures sont en dessus 
d’un ochré jaune pâle, avec une petite bande formée d’atomes noirs, 
située aux deux tiers des ailes plus près du bord terminal que de la 
base, et parallèlement au bord terminal; cette petite bande occupe le 
tiers de l’aile entre la côte et le bord inférieur; les aïles inférieures 
sont à peu près uniformément d’un brun jaunâtre pas trop foncé et 
luisant. En dessous, les ailes sont concolores, ochracées et luisantes. 


46 LÉPIDOPTÈRES D'ALGÉRIE 


Euclidia Petitjeaniüi, Orerraur (Études d'Entomologre, première 
livraison, pp. 55 et 56, pl. IT, fig. 5). 
Cette espèce, que j'ai crue nouvelle et que j'ai rangée dans les 
Noctuélites, à cause de son faciès et de ses mœurs qui sont celles des 
Euclidia, est la Noctuælia Superba, Freyer. 


Scopula Concoloralis, OreRTHÜR (Études d'Entomologie, première 
livraison, pp. 68, 69, pl. IL, fig. 6). 
Ma Scopula Concoloralis est une variété méridionale de Punc- 
talis. Cette même variété Concoloralis se trouve aussi en Espagne. 
Le savant M. Guénée a rangé Punctalis dans le genre Stenia. 


Acidalia Mediaria? (Études d'Entomologie, première livraison, 

p. 59, pl. I, fig. 6). 

J'avais rapporté avec doute à Mediaria de Hübner, une Acidalia 
qui a été figurée dans la première livraison de ces Études, avec une 
très-grande exactitude. J'ai acquis depuis la certitude que l’Acidalia 
algérienne était bien une espèce distincte de Mediaria, comme je 
le pressentais du reste en 1876, p. 59. J'ai distingué l’Acidalia 
algérienne sous le nom de Renataria. 


Eupithecia Fathmaria, Osrrruür (Études d'Entomologie, pre- 

mière livraison, p. 63, pl. IV, fig. 9). 

Cette espèce, dont je disais qu'elle était « très-distincte de ses 
congénères européennes par sa forme allongée, » doit faire partie du 
genre Æuacidalia, Packard (A Monograph of the Phalenidæ of 
the United States, 1876). La conformation de la tête surtout est 
absolument identique aux espèces du genre Euacidalia. L'Euaci- 
dalia Fathmaria se placera à côté de l’Euacidalia Sericeala, 
Packard (A Monogr. of the Phalenidæ, pl. X, fig. 35). Il convient 
toutefois, pour apprécier cette question, de ne pas trop se rapporter 
à la figure de M. Packard. Le dessin est trop grossier, et la figure 
citée ne rend pas du tout l'aspect général de l'Euacidalia Sericeala 
que M. Belfrage m'a envoyée du Texas et que j'ai pu étudier en 
nature. Il est fort remarquable de voir une espèce américaine et une 
espèce algérienne présenter d'aussi grands rapports génériques que 
les Euacidalia Sericeata et Fathmaria. 


LÉPIDOPTÈRES D'ALGEÉRIE 47 


Fidonia Chrysitaria, variété Kabylaria, Osertaür (pl. V, fig. 6 a 
et Gb). 

Le type figuré par M. Lucas, dans l'Zxploration de l'Algérie 
(Atlas, pl. IL, fig. 9 et 9 a), diffère de celui que je distingue sous le 
nom de variété Kabylaria et qui semble spécial aux environs de 
Collo, c’est-à-dire aux montagnes du bord de la Méditerranée, par 
une taille toujours plus petite, et l'absence, dans les parties noires 
de l'aile supérieure, des nombreuses taches blanches qui presque 
toujours forment dans le type des montagnes de l'intérieur de la 
province de Constantine comme un semis épais. 

La variété Kabylaria, très-bien représentée dans la fig. 6 de la 
pl. V de cet ouvrage, a un faciès tout à fait différent de tous les 
autres types que je connais. La plupart du temps, la première tache 
brune, celle qui occupe la base de l’aile supérieure, et qui dans les 
exemplaires figurés par Duponchel (Suppl. IV, pl. LXXI, fig. 7) et 
par M. Lucas, est bien séparée de la partie brune médiane par une 
bande blanche transversale, manque de cette séparation blanche 
dans Kabylaria et se confond ainsi avec la partie brune médiane 
presque absolument. L'extrémité de l'aile, le long du bord terminal, 
est bien plus obscure dans Xabylaria et ne porte ni les taches, ni la 
seconde bande blanche qu'on remarque dans les Chrysitaria de 
toutes les autres localités algériennes d’où je connaisse cette espèce 
jusqu’à présent. 

Au premier aspect, Kabylaria diffère tellement des autres 
Chrysitaria qu'on croirait à une espèce distincte; on serait porté 
à cette opinion par cette considération que tous les exemplaires de 
Collo ont bien un même faciès et qu'aucun d'eux, par exemple, ne 
ressemble à ceux de Lambessa, qui sont eux-mêmes absolument 
semblables entre eux. Je ne crois pas cependant que Kabylaria 
soit autre chose qu’une remarquable variété géographique, dont la 
découverte est due à M. le Dr Seriziat, qui l'avait déterminée d’abord 
Pennigeraria, la rapportant à cette espèce plutôt qu'à CArysi- 
taria (*). Le type de Constantine, figuré par MM. Duponchel et 


(*) La Fidonia Pennigeraria est, jusqu’à nouvel ordre, à rayer du Catalogue des 
Lépidoptères algériens, 


48 LÉPIDOPTÈRES D'ALGÉRIE 


Lucas, me semble être intermédiaire entre celui de Collo et celui de 
Lambessa, qui est l’exagération du type figuré par M. Lucas, en ce 
sens que le semis d’atomes blanchâtres y est tellement prononcé, 
que dans certains exemplaires les parties blanches sont en quantité 
égale aux parties noires. 


Etudes Entomologiques (rique Orientale) 


1 Papiho Constantinus, 


2 Pieris Rueppelii, #4 


Ward 


A 


Planche 


Pieris Raffrayi 


5 Danais DOrippus, Xxyg 


] 


in 


Pieris Bragssicoides, Guen 


CR £ : 


Acræa Rabbaiæ, Ward 


5 


Acræa var: Neluska « w 


Acræa var: Neluska 


Planche 


Etudes Entomologiques 


Mfiane (rientole 


è s Ceres en tR Er 


rntomis cl 


fn. 

naliravyi 5 
SUP ] Pr ee 
6 -11c Ja7= 


ues 


q 


Entomoloôit 


es L 


tud. 


F 


odnæ 


LÉ a + LS : 


ÊLs 


CRC 
. u “ 


ane 


er. ee 
tin * 
CS Te 


CPV 
nn 2] 


OL Oberthuüur, Charles. 

542 Études d'entomologie 
O0 2 Faunes entomologiques; 
Livre 3 descriptions d'insectes 
Ent. nouveaux ou peu connus. 


mc,